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Repérer les signes de TSA

Les signes du Trouble du Spectre de l’Autisme varient selon l’âge. Voici les principaux indicateurs à observer.

Communication
  • Le prénom : Votre enfant ne se retourne pas systématiquement quand vous l’appelez (cela peut donner l’impression qu’il n’entend pas bien par moments).
  • Le regard : Il est difficile de capter son regard ou de maintenir un contact visuel pendant les jeux ou les repas.

  • Le pointage : Il ne pointe pas du doigt pour vous montrer un objet qui l’intéresse (ex: un avion dans le ciel) ou pour vous demander quelque chose.

  • Le langage : Le babillage est rare, ou bien le langage tarde à apparaître et semble très répétitif.

Interaction sociale
  • L’imitation : Il n’imite pas vos gestes simples (faire “au revoir”, “bravo”, ou faire semblant de téléphoner)
  • Le sourire : Le “sourire social” (répondre à votre sourire par un sourire) est rare ou absent
  • Le jeu : Il préfère jouer seul et semble être “dans sa bulle”, sans chercher à vous inclure dans ses découvertes.
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Comportements et sensorialité
  • Les jeux répétitifs : Il utilise les jouets de façon inhabituelle (faire tourner les roues d’une voiture sans la faire rouler, aligner les objets par couleur).
  • Le corps : Il réalise des mouvements répétitifs avec ses mains (battements d’ailes/flapping) ou son corps (balancements) lorsqu’il est excité ou fatigué.
  • Les sens : Il réagit très fort à certains bruits (bouche ses oreilles), textures de vêtements ou odeurs, ou au contraire semble ne pas ressentir la douleur/le froid.
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Communication
  • Le second degré : Difficulté à saisir l’impartialité, l’ironie ou les expressions imagées (il prend souvent les mots au pied de la lettre).

  • Le ton de voix : Un langage très précis, presque trop soutenu pour son âge, ou une intonation un peu monotone.

  • Les conversations : “Tendance à parler longuement de ses sujets favoris sans toujours remarquer si l’autre s’ennuie ou veut changer de sujet.

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Interaction sociale
  • L’amitié : Une volonté de se faire des amis mais une difficulté à comprendre les “règles non-écrites” des jeux de cour de récréation.
  • Le jeu partagé : Préfère les jeux avec des règles strictes et peut se mettre très en colère si un camarade ne les respecte pas à la lettre.
  • L’épuisement : Un besoin vital de calme et d’isolement en rentrant de l’école (le “contrecoup” des efforts fournis pour s’adapter toute la journée).
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Comportements et sensorialité
  • Les passions : Des intérêts très intenses et dévorants pour des domaines précis (ex: les cartes du monde, une série de livres, les statistiques sportives).

  • La routine : Une grande anxiété face aux changements imprévus (un professeur remplaçant, un changement d’itinéraire, une sortie scolaire).

  • Les sens : Une gêne marquée par le bruit de la cantine, la lumière vive ou certaines matières de vêtements (étiquettes, coutures).

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Communication
  • Les sous-entendus : Difficulté à décoder le sarcasme, l’humour à plusieurs niveaux ou les non-dits fréquents entre adolescents.

  • La conversation : Un style de communication très direct et honnête, qui peut parfois être perçu à tort comme impoli ou trop formel.

  • L’adaptation : Du mal à moduler son langage selon qu’il s’adresse à un professeur, un ami ou un inconnu.

Interaction sociale
  • L’isolement : Un sentiment d’être “spectateur” des autres, de ne pas avoir le “mode d’emploi” pour s’intégrer aux groupes de pairs
  • Le camouflage (Masking) : Un épuisement massif après les cours dû aux efforts permanents pour imiter les comportements des autres et paraître “normal”
  • L’amitié : Préfère souvent les relations avec des personnes plus jeunes ou plus âgées, ou des amitiés centrées uniquement sur une passion commune
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Comportements et sensorialité
  • L’organisation : De grandes difficultés à planifier ses devoirs, préparer son sac ou gérer son temps, malgré des capacités intellectuelles souvent élevées

  • L’anxiété : Une forte anxiété face aux changements de routine (nouveau professeur, changement de salle) ou aux transitions (orientation post-bac).

  • Le retrait : Un besoin vital de s’isoler dans ses centres d’intérêt pour “recharger ses batteries” sociales après une journée au lycée.

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Ces signes sont des indicateurs, pas un diagnostic. Si vous observez plusieurs de ces signes, consultez un professionnel de santé pour une évaluation complète.

Prochaines étapes

Notez vos observations

Tenez un journal des comportements observés avec dates et contextes

Consultez votre médecin traitant

Il pourra vous orienter vers les bons professionnels

Explorez la section Diagnostic

Pour comprendre les étapes d’évaluation

Autres aspects importants à connaître

Le camouflage social (ou "masking")
Qu'est ce que le camouflage social ?

        Le camouflage social, ou masking, est une stratégie d’adaptation inconsciente ou volontaire où l’enfant “masque” ses traits autistiques pour s’ajuster aux attentes sociales. Plus fréquent chez les filles et les femmes autistes, il peut rendre le diagnostic plus difficile.

Comment le repérer chez votre enfant ?

  • Imitation des comportements sociaux des pairs (gestes, expressions, langage)
  • Préparation mentale intensive avant les interactions sociales
  • Épuisement important après les situations sociales
  • Comportement différent à la maison et en société
  • Sentiment de “jouer un rôle” en permanence
Important : Le camouflage est épuisant et peut conduire au burn-out autistique. Il est crucial de créer des espaces où votre enfant peut être lui-même. Aussi, cette capacité à mieux « dissimuler » les symptômes des TSA mène souvent à un diagnostic tardif. Bien que les signes du TSA puissent être repérables entre 18 mois et 3 ans, à ce jour, familles et médecins peuvent confondre, chez ces enfants, timidité et difficultés sociales. 
Comment parler de l'autisme avec un médecin ?

       Le premier pas est souvent de consulter votre pédiatre ou médecin traitant, c’est lui qui vous connaît le mieux. Cependant, la question de l’autisme peut être intimidante à aborder.

Nos conseils pour une consultation efficace :

  • Soyez factuel et précis : Évitez les termes vagues. Au lieu de dire “il fait des crises”, dites par exemple “quand je lui lave dans les cheveux il se met à pleurer et crier très fort”, ou encore au lieu de dire “il est hyperactif”, dites “il regarde la télé en sautant sur place”. Le comportement que vous décrivez doit être observable (on peut le voir, on peut l’entendre), mesurable (on peut mesurer la fréquence, l’intensité, la durée ou la latence) et spécifique (on peut l’imaginer et se le représenter tous de la même façon).  

  • Préparez votre dossier : Notez vos observations en amont (utilisez la grille du tableau ci-dessus). Si possible, apportez de courtes vidéos d’une minute montrant des comportements qui vous questionnent ou vous inquiètent (réactions aux bruits, jeux et comportements répétitifs,…).

  • Demandez une orientation spécialisée : Si le médecin partage vos doutes, il doit vous orienter vers un professionnel formé au neurodéveloppement : un pédopsychiatre, un neuropédiatre ou vers la PCO (Parcours de Coordination et d’Orientation).

Note : Si vous ne vous sentez pas écouté, n’hésitez pas à demander un second avis. N’oubliez pas que c’est vous qui connaissez le mieux votre enfant. 

Une manière particulière d"interagir avec le monde

       L’autisme ne se limite pas aux interactions sociales ; il s’agit aussi d’une manière singulière de percevoir l’environnement. Voici des signes complémentaires qui peuvent enrichir votre observation :

  • La sensorialité (hypo ou hyper) : L’enfant peut être envahi par des bruits qui nous semblent banals (aspirateur, foule), refuser catégoriquement certaines textures de vêtements (étiquettes, matières) ou, au contraire, rechercher intensément des sensations : humer les objets, être fasciné par les reflets de lumière ou le mouvement des ventilateurs.

  • Une passion pour les détails : Au lieu de jouer avec l’objet dans sa globalité, l’enfant se focalise sur une partie précise (faire tourner les roues d’une petite voiture pendant de longues minutes, aligner des objets par couleur de manière millimétrée).

  • Le corps qui exprime une émotion : Dans les moments de joie intense ou de stress, vous remarquez peut-être des mouvements répétitifs : des battements de bras (flapping), des balancements du corps ou une marche sur la pointe des pieds.

  • Le besoin de prévisibilité : Pour un enfant autiste, le monde peut sembler chaotique. La routine est son ancrage. Un changement d’itinéraire pour aller à l’école ou une consigne inhabituelle peut alors provoquer une détresse profonde, car cela brise son sentiment de sécurité.

Le dispositif PCO : un dispositif pour les enfants de moins de 12 ans

Si vous observez plusieurs signes chez votre enfant, il est important d’entamer une démarche d’évaluation. Selon l’âge de votre enfant et les ressources de votre région, deux parcours principaux s’offrent à vous :

1. Le parcours PCO (pour les moins de 12 ans)

Les Plateformes de Coordination et d’Orientation (PCO) ont été créées spécifiquement pour accélérer l’accès aux bilans et aux interventions précoces.

  • Comment ça fonctionne ? C’est votre médecin (pédiatre, généraliste) qui doit remplir un formulaire d’orientation après avoir constaté des écarts de développement.

  • Le “Forfait Précoce” : Une fois le dossier validé par la PCO, celle-ci coordonne et finance des bilans et des séances (psychomotricité, ergothérapie, psychologie) auprès de professionnels libéraux conventionnés. Vous n’avez aucune avance de frais à faire.

  • La réalité du terrain : Bien que conçues pour accélérer les choses, les PCO font face à une forte demande. Il existe donc souvent un délai d’attente avant la prise en charge effective.

 

2. Le parcours libéral (si plus de 12 ans ou délais trop longs)

Si votre enfant a plus de 12 ans, ou si les délais de la PCO sont trop importants, vous pouvez initier le parcours vous-même :

  • En premier : Consultez votre médecin traitant ou un pédopsychiatre. Ils sont les seuls habilités à coordonner le parcours et à poser le diagnostic final.

  • Les bilans : En fonction des besoins de votre enfant, le médecin vous orientera vers des professionnels en libéral (psychologue,  orthophoniste, psychomotricien).

  • La conclusion : Une fois tous les bilans effectués, vous retournez voir votre médecin. C’est lui qui, en croisant les résultats des différents tests et ses propres observations, pourra affirmer ou infirmer le diagnostic.

Pour les diagnostics complexes il est possible de se diriger vers le Centre Ressource Autisme (CRA) de votre région. 

L’objectif de ces démarches est de mettre un mot sur un fonctionnement, mais aussi de pouvoir ouvrir des droits et de mettre en place les aménagements nécessaires selon les besoins de votre enfant.

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